Pâtre 26 mars 2007 à 12h04 | Par Julien Diependaele

En Espagne - Diminuer la mortalité des agneaux améliore le profit

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En Espagne, l´engraissement d´agneaux est fréquemment réalisé par des ateliers spécialisés, en liaison avec un fabricant d´aliment. C´est le cas de Nanta qui, outre le porc et le poulet s´intéresse au marché ovin avec 170 000 t produites dans quinze usines dont la moitié pour des agneaux à l´engrais ce qui représente 22 % du marché ibérique.
Cet engraissement d´agneaux s´accomplit en liaison avec des abattoirs dont, celui de Franco y Navarro en Aragon. Cet abattoir dispose de centres de classement-finition qui rassemblent les agneaux issus de 355 élevages d´Aragon et d´Estramadure. Les distances parcourues par les agneaux vont de 50 à 800 km. Le séjour est assez court avec en moyenne 12,1 jours, et en sortie, un poids de carcasse de 12,17 kilos.

De l´élevage à l´abattoir, assurer la qualité sanitaire
Pour la mise en place d´une filière qualité, puisque nombre de ces agneaux sont livrés à Auchan et devront, en 2007, passer sous les fourches caudines d´une charte définissant l´Agneau Ibérique, une étude a été menée sur le contrôle de la coccidiose et de l´acidose avec le vétérinaire de l´entreprise Nanta et les universités de Saragosse et de Léon.
José Maria Bello suit les ruminants de l´entreprise Nanta, leader sur le marché espagnol, depuis 1987. Il a mené cette étude sur sept ans et accumulé des données sur 400 000 agneaux avec l´objectif de diminuer la mortalité dans les lots, les saisies en abattoir et également la morbidité.
Les chiffres sont éloquents : 1562 agneaux morts en élevage, 5182 abattages d´urgence. En moyenne, la mortalité est de 0,95 %. Mais plus que ces pertes ou les saisies de poumons en abattoir qui concernent 25, 3 % des agneaux, José Maria Bello est préoccupé par la morbidité qui est en moyenne de 6,6 %. Il s´agit de la rechercher et de connaître ainsi les élevages à problèmes et de traiter ces pathologies peu visibles mais qui influent sur la croissance des agneaux, sur leur vitalité et qui favorisent l´apparition d´autres pathologies moins silencieuses.

Menée en comparaison sur 25 variables, cette étude a été présentée en France aux Journées de la Recherche sur les Ruminants 2006. Elle essaie de cerner les facteurs qui génèrent ces pathologies : conduite d´élevage, alimentation, transport, conditions d´ambiance comme la température, la vitesse de l´air, la pression barométrique.).
Chaque bâtiment du centre d´allotement peut accueillir un millier d´agneaux. ©DR

Trouver des remèdes efficaces et pratiques
L´influence de la densité d´agneaux en allotement et celle d´une plus longue durée d´engraissement ont été analysées mais la saisie des poumons n´est pas en relation directe avec l´ensemble des variables étudiées.
De 2002 à 2005, l´analyse de plus de 3000 carcasses a montré que le pH à 24 h indique avec précision la qualité des carcasses par rapport à la durée d´engraissement, au sexe, à la durée de transport et à l´ambiance dans les bâtiments.
Contre l´acidose, responsable de mortalité et morbidité, un remède est recherché avec la mise au point d´un aliment non acidogène ce qui pourrait réduire notablement cette pathologie.

Contre la coccidiose, une expérimentation a été menée en janvier 2005 en utilisant dans l´aliment du décoquinate à la dose d´un milligramme par kg de poids vif dans l´un des trois bâtiments de l´atelier d´engraissement. Les résultats étant positifs sur 800 agneaux provenant de 31 élevages, l´utilisation de ce produit anticoccidien fut très vite généralisée à l´ensemble du centre de finition-allotement. La mortalité n´a pas disparu mais la morbidité passe de plus de 4 % à 2,5 % soit une diminution de 40 %. L´amélioration est notée au printemps et en été qui constituent les deux saisons les plus problématiques.
Chaque bâtiment du centre d´allotement peut accueillir un millier d´agneaux. Les différents facteurs d´ambiance y ont été analysés ainsi que dans les élevages d´origine pour évaluer les causes de mortalité et de morbidité.
Le travail réalisé avec l´université de Saragosse a permis d´étudier la qualité des carcasses. ©DR

En savoir plus
L´agneau espagnol se décline en deux à trois produits :
 le Ternasco de race Aragonaise avec une dénomination d´origine « Ternasco de Aragon » et qui est sacrifié à 90 jours entre 9,5 et 11,5 kilos.
 l´agneau lourd de race Mérinos venant d´Extramadure et abattu entre 11 et 13 kilos.
 l´agneau Auchan, qui suit un cahier des charges, est abattu entre 10 et 12 kilos.
Le travail réalisé avec l´université de Saragosse a permis d´étudier la qualité des carcasses. ©DR

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