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122 anciens numéros

Pâtre 661
Février 2019
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L'édito de Damien Hardy

De la laine locale plutôt qu’australe

Lentement, la filière laine renaît grâce à une multitude d’initiatives d’éleveuses et d’éleveurs. Dans toutes les régions de France, des passionnés redonnent une seconde vie à ce sous-produit, actuellement presque considéré comme un déchet. Belle, douce, isolante, durable et naturelle, la laine a pourtant des qualités. Elle a longtemps été l’objet principal de l’élevage ovin. Aujourd’hui, une foule de projets lainiers remettent cette fibre au goût du jour, valorisent les races locales, développent des circuits courts et redécouvrent des savoirs anciens. Certes, on ne vous promet pas un gros bas de laine en transformant vos toisons. Mais en partageant leur passion des belles matières, de plus en plus d’éleveurs et d’artisans vivent du fil, du feutre ou du tricot.

Beaucoup de nos concitoyens sont prêts à mettre beaucoup plus s’ils savent que leurs pulls peut faire vivre des éleveurs de leur département. C’est beaucoup plus valorisant de porter un habit local, tracé, issu de la laine d’un éleveur voisin que de s’habiller avec du textile fabriqué à l’autre bout du monde par des ouvriers sous-payés dans des usines polluantes. Plutôt un habit paysan qu’un vêtement polluant.

Pâtre 660
janvier 2019
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L'édito de Damien Hardy

Brexit, tonte et prédation au menu de 2019

Le début de l’année est propice aux souhaits. Pour la filière ovine, nous pouvons déjà souhaiter aux éleveurs une pluviométrie régulière, garant d’une bonne pousse de l’herbe, alors que les conséquences du déficit hydrique de cet été et cet automne se font encore sentir. Souhaitons aussi une vraie reprise de la consommation de viande ovine. Avec une baisse de 5 % des achats des ménages en 2018, une stabilisation de la consommation serait hélas déjà un vrai miracle. Espérons pour cela un tarissement des discours anti-viande et une prise de conscience de nos concitoyens que manger végane n’est pas forcément une vertu…

Espérons aussi que l’élevage ovin trouve grâce auprès des jeunes qui viendront demain grossir les rangs des éleveurs. Maintenant qu’il y a plus de 500 loups en France, pourra-t-on compter en 2019 sur un vrai tournant dans la protection des grands prédateurs ? On ne sait qu’espérer sur le Brexit, si ce n’est que les modifications des échanges ne déstabilisent pas davantage nos fragiles marchés. En 2019, la Haute-Vienne sera le centre de toutes les attentions de la filière, d’abord le mondial de tonte en juillet, puis lors de Tech-Ovin en septembre. On espère vous retrouver lors de ces deux évènements et à l’occasion d’autres rencontres. Bonne lecture et bonne année 2019 !

Pâtre 657
octobre 2018
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L'édito de Damien Hardy

Un avenir européen

À l’heure où certaines démocraties européennes sont tentées par un repli nationaliste, il peut être bon de rappeler que, chez les ovins aussi, l’Europe peut être davantage une chance qu’un risque. Le Pâtre de ce mois-ci en montre deux exemples avec la campagne européenne de promotion de la viande d’agneau auprès des jeunes adultes et le partage des connaissances et des astuces entre éleveurs et techniciens européens. Nos voisins d’Outre-manche s’apprêtent à quitter l’aventure européenne et, pour l’instant, c’est surtout l’incertitude qui plane chez les farmers. Comment remplacer les aides de la PAC ? Quels débouchés pour les ovins du Royaume-Uni ?

Bien entendu, il ne s’agit pas de sauter sur sa chaise comme un agneau en disant « l’Europe !, l’Europe !, l’Europe ! », mais il est bon de rappeler que l’Union européenne a permis la paix, la monnaie unique, la libre circulation, des règles sanitaires communes ou l’accès à un marché de plus de 500 millions d’habitants. Même dans la Creuse, on a besoin d’Europe. Il sera bon de s’en souvenir lors des prochaines élections européennes en mai 2019.

Pâtre 656
août-septembre 2018
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L'édito de Damien Hardy

Ensemble face à l'adversité

C'est en jouant collectif que la France a été aussi loin dans la coupe du monde de football. Dans le monde agricole aussi, difficile de se passer du collectif. Les coopératives et les syndicats pèsent plus lourd à plusieurs. C'est aussi ensemble que les éleveurs européens seront les plus forts pour changer le statut de protection du loup ou pour tenter de sortir la production ovine des négociations commerciales entre l'Union européenne et l'Océanie.

Bien sûr, se regrouper nécessite des compromis et de longues discussions. Mais jouer collectif permet souvent de bénéficier du talent de chacun. Au quotidien aussi, les exploitations sous forme sociétaires permettent de partager les astreintes, les coûts d'investissements et les prises de décisions. Les éleveurs ovins laitiers semblent l'avoir davantage compris que les éleveurs allaitants qui sont peu nombreux à être dans des structures collectives sans liens familiaux entre les associés.

Pourtant, cela pourrait être une voie pour assurer le renouvellement des générations de la filière ovine. En s'associant progressivement avec des éleveurs plus expérimentés, la nouvelle génération pourrait plus facilement devenir éleveur.

Pâtre 654
mai 2018
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L'édito de Damien Hardy

Des moutons sous les panneaux

La profession se veut vigilante sur l’utilisation des terres agricoles pour installer des panneaux photovoltaïques. Les terres arables sont déjà inéluctablement grignotées par l’extension urbaine, pas besoin d’ajouter une menace supplémentaire qui éclipserait de précieuses surfaces de production. Surtout qu’il y a encore une somme de surfaces inutilisées dans les friches industrielles ou sur les toits des bâtiments.

Cependant, en installant des panneaux suffisamment hauts pour que les moutons puissent pâturer dessous, il est possible de combiner production d’agneaux de pays et d’électricité verte. En devenant prestataire de services pour l’entretien des surfaces, les éleveurs ovins peuvent, dans des accords gagnant-gagnant, tirer parti de la location des surfaces tout en gardant de l’herbe sous les panneaux, les tables apportant même un peu de fraîcheur aux animaux et à l’herbe qui reste verte plus longtemps. En signant, lors de son congrès, un accord avec le producteur d’énergie Neoen, la Fédération nationale ovine participe ainsi à la nécessaire transition énergétique pour remplacer progressivement les énergies fossiles et nucléaire par des énergies renouvelables.

Pâtre 653
avril 2018
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L'édito de Damien Hardy

Ballon ovale et mouton gagnant

Le monde ovin et le monde du rugby se ressemblent et s’assemblent parfois. Les Ovinpiades et le Tournoi des six nations et se sont achevés, sacrant l’Irlande d’un côté et un jeune éleveur occitan de l’autre. Au Salon de l’agriculture, dans une ambiance conviviale assez proche de celle que l’on retrouve autour et sur les terrains de rugby, les jeunes en formation ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour réussir au mieux leurs épreuves.

Gagnant sur prairie comme sur gazon

Sur vertes prairies comme sur gazon, les terres de moutons sont souvent aussi des terres de rugby. Et, hélas pour nous, en ovin comme au ballon ovale, les Néo-Zélandais sont souvent les plus forts… Heureusement, la France ovine peut compter sur le plan de filière ovin pour redonner de l’entrain à toute son équipe. Le rapport sur le marché des agneaux laitiers donne déjà des pistes pour sortir de la mêlée. Reste que, pour muscler son jeu et transformer l’essai, l’équipe de France devra savoir faire bloc et jouer unie.

Pâtre 652
mars 2018
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L'édito de Damien Hardy

Un salon où l’on cause

Le Salon de l’agriculture est vraiment le moment et le lieu où le grand public retrouve son agriculture. 630 000 visiteurs sont attendus du 24 février au 4 mars, soit près de 1 % de la population française quand même ! C’est aussi le moment où les médias généralistes prennent le temps d’aborder l’agriculture autrement que par ses crises. La présence des élus territoriaux et nationaux permet d’échanger avec les politiques.

Pour la filière ovine, le salon permet de montrer les mille et une façons de préparer et apprécier la viande d’agneau ou les fromages de brebis. Les Ovinpiades des jeunes bergers sont l’occasion de faire découvrir un métier et une passion tout en rappelant que la filière aura besoin de sang neuf dans un proche avenir. Cette année, le thème retenu « L’agriculture, une aventure collective » rappelle qu’en agriculture peut-être plus qu’ailleurs, l’union fait la force. Après le salon, le deuxième rendez-vous du grand public avec les éleveurs sera les journées « Made in viande » du 31 mai au 6 juin. Vous êtes attendus pour ouvrir vos portes et faire toucher du doigt, sur votre terrain, la réalité de l’élevage ovin. Plus il y aura de fermes à visiter et plus fort sera le lien avec le public, les scolaires ou les médias. Inscrivez-vous dès maintenant !

Pâtre 651
février 2018
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L'édito de Damien Hardy

Le loup et l’agneau

« La raison du plus fort est toujours la meilleure » indiquait Jean de la Fontaine en introduction de sa fable Le loup et l’agneau. En lisant les propositions du Plan loup 2018-2023, on se demande si le plus fort ne va pas continuer à prendre l’avantage sur l’élevage et le pastoralisme. Car en voulant accueillir une population viable de 500 loups sur le territoire français, la priorité donnée à la protection des troupeaux semble dérisoire autant qu’inefficace. Sur ces dix dernières années, les 118 millions d’euros dépensés en aide à la protection des troupeaux contre la prédation n’ont pas empêché la mort de 67 000 animaux…

Pour maîtriser cet animal plein de rage, les éleveurs demandent un droit de défense permanent des troupeaux, en dehors des plafonds de prélèvement fixés à 10 % de la population estimée. Les éleveurs veulent pouvoir défendre leur troupeau, quel que soit le nombre de loups déjà prélevés. Hélas, le monde rural n’a pas l’oreille d’un ministre de la Transition écologique et solidaire qui place « la cohabitation avec la grande faune sauvage, en particulier avec le loup, comme un enjeu majeur pour nos sociétés. » Et si l’enjeu était plutôt de sauver les éleveurs, les paysages et le pastoralisme plutôt que de se faire manger sans autre forme de procès ?

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