Anciens numéros

125 anciens numéros

Pâtre 664
mai 2019
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L'édito de Damien Hardy

Belle des champs

Près d’un éleveur de brebis ou de chèvres sur trois est une éleveuse. Les animaux étant de petites tailles, leur manipulation est moins physique et les bergères peuvent assurer la conduite du troupeau en privilégiant la compréhension du comportement animal plutôt que la force. L’élevage ovin se conjugue au féminin dans une activité qui demande de la prévenance lors des soins aux jeunes mères et à leurs nouveau-nés. Pour nombre de citadines stressées, devenir éleveuse de brebis représente un rêve où l’on peut vivre en harmonie avec les animaux, la nature, son activité et sa famille. En montrant la réalité du métier d’aujourd’hui, la filière a tout à gagner si elle veut installer demain des éleveurs et des éleveuses en nombre. Ce métier, polyvalent et au grand air, permet de vivre de et dans la nature tout en gardant une grande liberté de chef d’entreprise. Aujourd’hui, il y a de la place pour toutes sortes d’installations. En viande ou en lait, en bergerie ou dehors, en grand ou en petit, fille ou garçon, il y a différentes façons de bien vivre de l’élevage ovin.

Pâtre 663
avril 2019
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L'édito de Damien Hardy

Dédiaboliser la consommation de viande

Bien joué la nouvelle campagne de communication collective d’Interbev « Aimez la viande, mangez-en mieux » ! En déculpabilisant le consommateur qui mange occasionnellement de la viande bonne pour le corps et pour l’esprit, l’interprofession rappelle que l’omnivore d’aujourd’hui fait attention à ses achats alimentaires mais qu’il n’exclut pas pour autant une alimentation carnée. En appelant à mieux choisir sa viande, la filière veut inciter les consommateurs à bien choisir leurs morceaux, à privilégier le local et la qualité. C’est aussi une façon de dédiaboliser la consommation de viande en rappelant les efforts des éleveurs et des abatteurs sur le bien-être animal ou l’environnement.

En se réappropriant le terme flexitarien, l’interprofession situe le flexitarisme entre le végétarisme et le carnivorisme. En mangeant de tout avec équilibre, le consommateur d’aujourd’hui est ainsi « naturellement flexitarien ». Décomplexé, le flexitarien moderne sait qu’en achetant des produits de qualité, il entretient son corps, les paysages et la planète. Tout en se faisant plaisir en dégustant un gigot à Pâques et pas que.

Pâtre 662
mars 2019
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L'édito de Damien Hardy

Place aux jeunes !

Le Salon de l’agriculture laisse la part belle à la jeunesse. Celle qui se forme, celle qui participe aux Ovinpiades, celle qui veut s’installer et vivre du métier d’éleveur ovin. Pour accueillir cette nouvelle génération d’éleveurs, les anciens doivent laisser la place sans trop savonner la planche. Avant que la retraite n’approche, il est toujours temps de s’interroger si l’on veut céder sa ferme au plus offrant ou si l’on veut transmettre son exploitation pour la voir vivre encore. Même les petites fermes ovines, moins coûteuses et peut-être plus évolutives, peuvent intéresser des candidats à l’installation.

En plus d’un contact privilégié avec la nature et les animaux, le métier d’éleveur a de quoi séduire. Il allie stratégie et modernité tout en apportant alimentation, environnement et repères à la société. Pour renouveler les générations, les éleveurs de ruminants préparent une série de recommandations qu’il serait bon de suivre si l’on veut demain encore trouver de l’agneau français dans nos assiettes et des brebis dans nos champs.

Pâtre 661
Février 2019
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L'édito de Damien Hardy

De la laine locale plutôt qu’australe

Lentement, la filière laine renaît grâce à une multitude d’initiatives d’éleveuses et d’éleveurs. Dans toutes les régions de France, des passionnés redonnent une seconde vie à ce sous-produit, actuellement presque considéré comme un déchet. Belle, douce, isolante, durable et naturelle, la laine a pourtant des qualités. Elle a longtemps été l’objet principal de l’élevage ovin. Aujourd’hui, une foule de projets lainiers remettent cette fibre au goût du jour, valorisent les races locales, développent des circuits courts et redécouvrent des savoirs anciens. Certes, on ne vous promet pas un gros bas de laine en transformant vos toisons. Mais en partageant leur passion des belles matières, de plus en plus d’éleveurs et d’artisans vivent du fil, du feutre ou du tricot.

Beaucoup de nos concitoyens sont prêts à mettre beaucoup plus s’ils savent que leurs pulls peut faire vivre des éleveurs de leur département. C’est beaucoup plus valorisant de porter un habit local, tracé, issu de la laine d’un éleveur voisin que de s’habiller avec du textile fabriqué à l’autre bout du monde par des ouvriers sous-payés dans des usines polluantes. Plutôt un habit paysan qu’un vêtement polluant.

Pâtre 660
janvier 2019
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L'édito de Damien Hardy

Brexit, tonte et prédation au menu de 2019

Le début de l’année est propice aux souhaits. Pour la filière ovine, nous pouvons déjà souhaiter aux éleveurs une pluviométrie régulière, garant d’une bonne pousse de l’herbe, alors que les conséquences du déficit hydrique de cet été et cet automne se font encore sentir. Souhaitons aussi une vraie reprise de la consommation de viande ovine. Avec une baisse de 5 % des achats des ménages en 2018, une stabilisation de la consommation serait hélas déjà un vrai miracle. Espérons pour cela un tarissement des discours anti-viande et une prise de conscience de nos concitoyens que manger végane n’est pas forcément une vertu…

Espérons aussi que l’élevage ovin trouve grâce auprès des jeunes qui viendront demain grossir les rangs des éleveurs. Maintenant qu’il y a plus de 500 loups en France, pourra-t-on compter en 2019 sur un vrai tournant dans la protection des grands prédateurs ? On ne sait qu’espérer sur le Brexit, si ce n’est que les modifications des échanges ne déstabilisent pas davantage nos fragiles marchés. En 2019, la Haute-Vienne sera le centre de toutes les attentions de la filière, d’abord le mondial de tonte en juillet, puis lors de Tech-Ovin en septembre. On espère vous retrouver lors de ces deux évènements et à l’occasion d’autres rencontres. Bonne lecture et bonne année 2019 !

Pâtre 657
octobre 2018
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L'édito de Damien Hardy

Un avenir européen

À l’heure où certaines démocraties européennes sont tentées par un repli nationaliste, il peut être bon de rappeler que, chez les ovins aussi, l’Europe peut être davantage une chance qu’un risque. Le Pâtre de ce mois-ci en montre deux exemples avec la campagne européenne de promotion de la viande d’agneau auprès des jeunes adultes et le partage des connaissances et des astuces entre éleveurs et techniciens européens. Nos voisins d’Outre-manche s’apprêtent à quitter l’aventure européenne et, pour l’instant, c’est surtout l’incertitude qui plane chez les farmers. Comment remplacer les aides de la PAC ? Quels débouchés pour les ovins du Royaume-Uni ?

Bien entendu, il ne s’agit pas de sauter sur sa chaise comme un agneau en disant « l’Europe !, l’Europe !, l’Europe ! », mais il est bon de rappeler que l’Union européenne a permis la paix, la monnaie unique, la libre circulation, des règles sanitaires communes ou l’accès à un marché de plus de 500 millions d’habitants. Même dans la Creuse, on a besoin d’Europe. Il sera bon de s’en souvenir lors des prochaines élections européennes en mai 2019.

Pâtre 656
août-septembre 2018
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L'édito de Damien Hardy

Ensemble face à l'adversité

C'est en jouant collectif que la France a été aussi loin dans la coupe du monde de football. Dans le monde agricole aussi, difficile de se passer du collectif. Les coopératives et les syndicats pèsent plus lourd à plusieurs. C'est aussi ensemble que les éleveurs européens seront les plus forts pour changer le statut de protection du loup ou pour tenter de sortir la production ovine des négociations commerciales entre l'Union européenne et l'Océanie.

Bien sûr, se regrouper nécessite des compromis et de longues discussions. Mais jouer collectif permet souvent de bénéficier du talent de chacun. Au quotidien aussi, les exploitations sous forme sociétaires permettent de partager les astreintes, les coûts d'investissements et les prises de décisions. Les éleveurs ovins laitiers semblent l'avoir davantage compris que les éleveurs allaitants qui sont peu nombreux à être dans des structures collectives sans liens familiaux entre les associés.

Pourtant, cela pourrait être une voie pour assurer le renouvellement des générations de la filière ovine. En s'associant progressivement avec des éleveurs plus expérimentés, la nouvelle génération pourrait plus facilement devenir éleveur.

Pâtre 654
mai 2018
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L'édito de Damien Hardy

Des moutons sous les panneaux

La profession se veut vigilante sur l’utilisation des terres agricoles pour installer des panneaux photovoltaïques. Les terres arables sont déjà inéluctablement grignotées par l’extension urbaine, pas besoin d’ajouter une menace supplémentaire qui éclipserait de précieuses surfaces de production. Surtout qu’il y a encore une somme de surfaces inutilisées dans les friches industrielles ou sur les toits des bâtiments.

Cependant, en installant des panneaux suffisamment hauts pour que les moutons puissent pâturer dessous, il est possible de combiner production d’agneaux de pays et d’électricité verte. En devenant prestataire de services pour l’entretien des surfaces, les éleveurs ovins peuvent, dans des accords gagnant-gagnant, tirer parti de la location des surfaces tout en gardant de l’herbe sous les panneaux, les tables apportant même un peu de fraîcheur aux animaux et à l’herbe qui reste verte plus longtemps. En signant, lors de son congrès, un accord avec le producteur d’énergie Neoen, la Fédération nationale ovine participe ainsi à la nécessaire transition énergétique pour remplacer progressivement les énergies fossiles et nucléaire par des énergies renouvelables.

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