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118 anciens numéros

Pâtre 657
octobre 2018
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L'édito de Damien Hardy

Un avenir européen

À l’heure où certaines démocraties européennes sont tentées par un repli nationaliste, il peut être bon de rappeler que, chez les ovins aussi, l’Europe peut être davantage une chance qu’un risque. Le Pâtre de ce mois-ci en montre deux exemples avec la campagne européenne de promotion de la viande d’agneau auprès des jeunes adultes et le partage des connaissances et des astuces entre éleveurs et techniciens européens. Nos voisins d’Outre-manche s’apprêtent à quitter l’aventure européenne et, pour l’instant, c’est surtout l’incertitude qui plane chez les farmers. Comment remplacer les aides de la PAC ? Quels débouchés pour les ovins du Royaume-Uni ?

Bien entendu, il ne s’agit pas de sauter sur sa chaise comme un agneau en disant « l’Europe !, l’Europe !, l’Europe ! », mais il est bon de rappeler que l’Union européenne a permis la paix, la monnaie unique, la libre circulation, des règles sanitaires communes ou l’accès à un marché de plus de 500 millions d’habitants. Même dans la Creuse, on a besoin d’Europe. Il sera bon de s’en souvenir lors des prochaines élections européennes en mai 2019.

Pâtre 656
août-septembre 2018
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L'édito de Damien Hardy

Ensemble face à l'adversité

C'est en jouant collectif que la France a été aussi loin dans la coupe du monde de football. Dans le monde agricole aussi, difficile de se passer du collectif. Les coopératives et les syndicats pèsent plus lourd à plusieurs. C'est aussi ensemble que les éleveurs européens seront les plus forts pour changer le statut de protection du loup ou pour tenter de sortir la production ovine des négociations commerciales entre l'Union européenne et l'Océanie.

Bien sûr, se regrouper nécessite des compromis et de longues discussions. Mais jouer collectif permet souvent de bénéficier du talent de chacun. Au quotidien aussi, les exploitations sous forme sociétaires permettent de partager les astreintes, les coûts d'investissements et les prises de décisions. Les éleveurs ovins laitiers semblent l'avoir davantage compris que les éleveurs allaitants qui sont peu nombreux à être dans des structures collectives sans liens familiaux entre les associés.

Pourtant, cela pourrait être une voie pour assurer le renouvellement des générations de la filière ovine. En s'associant progressivement avec des éleveurs plus expérimentés, la nouvelle génération pourrait plus facilement devenir éleveur.

Pâtre 654
mai 2018
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L'édito de Damien Hardy

Des moutons sous les panneaux

La profession se veut vigilante sur l’utilisation des terres agricoles pour installer des panneaux photovoltaïques. Les terres arables sont déjà inéluctablement grignotées par l’extension urbaine, pas besoin d’ajouter une menace supplémentaire qui éclipserait de précieuses surfaces de production. Surtout qu’il y a encore une somme de surfaces inutilisées dans les friches industrielles ou sur les toits des bâtiments.

Cependant, en installant des panneaux suffisamment hauts pour que les moutons puissent pâturer dessous, il est possible de combiner production d’agneaux de pays et d’électricité verte. En devenant prestataire de services pour l’entretien des surfaces, les éleveurs ovins peuvent, dans des accords gagnant-gagnant, tirer parti de la location des surfaces tout en gardant de l’herbe sous les panneaux, les tables apportant même un peu de fraîcheur aux animaux et à l’herbe qui reste verte plus longtemps. En signant, lors de son congrès, un accord avec le producteur d’énergie Neoen, la Fédération nationale ovine participe ainsi à la nécessaire transition énergétique pour remplacer progressivement les énergies fossiles et nucléaire par des énergies renouvelables.

Pâtre 653
avril 2018
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L'édito de Damien Hardy

Ballon ovale et mouton gagnant

Le monde ovin et le monde du rugby se ressemblent et s’assemblent parfois. Les Ovinpiades et le Tournoi des six nations et se sont achevés, sacrant l’Irlande d’un côté et un jeune éleveur occitan de l’autre. Au Salon de l’agriculture, dans une ambiance conviviale assez proche de celle que l’on retrouve autour et sur les terrains de rugby, les jeunes en formation ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour réussir au mieux leurs épreuves.

Gagnant sur prairie comme sur gazon

Sur vertes prairies comme sur gazon, les terres de moutons sont souvent aussi des terres de rugby. Et, hélas pour nous, en ovin comme au ballon ovale, les Néo-Zélandais sont souvent les plus forts… Heureusement, la France ovine peut compter sur le plan de filière ovin pour redonner de l’entrain à toute son équipe. Le rapport sur le marché des agneaux laitiers donne déjà des pistes pour sortir de la mêlée. Reste que, pour muscler son jeu et transformer l’essai, l’équipe de France devra savoir faire bloc et jouer unie.

Pâtre 652
mars 2018
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L'édito de Damien Hardy

Un salon où l’on cause

Le Salon de l’agriculture est vraiment le moment et le lieu où le grand public retrouve son agriculture. 630 000 visiteurs sont attendus du 24 février au 4 mars, soit près de 1 % de la population française quand même ! C’est aussi le moment où les médias généralistes prennent le temps d’aborder l’agriculture autrement que par ses crises. La présence des élus territoriaux et nationaux permet d’échanger avec les politiques.

Pour la filière ovine, le salon permet de montrer les mille et une façons de préparer et apprécier la viande d’agneau ou les fromages de brebis. Les Ovinpiades des jeunes bergers sont l’occasion de faire découvrir un métier et une passion tout en rappelant que la filière aura besoin de sang neuf dans un proche avenir. Cette année, le thème retenu « L’agriculture, une aventure collective » rappelle qu’en agriculture peut-être plus qu’ailleurs, l’union fait la force. Après le salon, le deuxième rendez-vous du grand public avec les éleveurs sera les journées « Made in viande » du 31 mai au 6 juin. Vous êtes attendus pour ouvrir vos portes et faire toucher du doigt, sur votre terrain, la réalité de l’élevage ovin. Plus il y aura de fermes à visiter et plus fort sera le lien avec le public, les scolaires ou les médias. Inscrivez-vous dès maintenant !

Pâtre 651
février 2018
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L'édito de Damien Hardy

Le loup et l’agneau

« La raison du plus fort est toujours la meilleure » indiquait Jean de la Fontaine en introduction de sa fable Le loup et l’agneau. En lisant les propositions du Plan loup 2018-2023, on se demande si le plus fort ne va pas continuer à prendre l’avantage sur l’élevage et le pastoralisme. Car en voulant accueillir une population viable de 500 loups sur le territoire français, la priorité donnée à la protection des troupeaux semble dérisoire autant qu’inefficace. Sur ces dix dernières années, les 118 millions d’euros dépensés en aide à la protection des troupeaux contre la prédation n’ont pas empêché la mort de 67 000 animaux…

Pour maîtriser cet animal plein de rage, les éleveurs demandent un droit de défense permanent des troupeaux, en dehors des plafonds de prélèvement fixés à 10 % de la population estimée. Les éleveurs veulent pouvoir défendre leur troupeau, quel que soit le nombre de loups déjà prélevés. Hélas, le monde rural n’a pas l’oreille d’un ministre de la Transition écologique et solidaire qui place « la cohabitation avec la grande faune sauvage, en particulier avec le loup, comme un enjeu majeur pour nos sociétés. » Et si l’enjeu était plutôt de sauver les éleveurs, les paysages et le pastoralisme plutôt que de se faire manger sans autre forme de procès ?

Pâtre 650
janvier 2018
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L'édito de Damien Hardy

N’oublions pas les bienfaits de l’élevage

Lors des fêtes de fin d’année, les familles se regroupent et c'est, pour certains, la confrontation avec des citadins qui ne connaissent plus que la ruralité que par les médias. Face aux accusations dont est victime le monde de l’élevage, il peut être bon de rappeler les bienfaits de l’élevage ovin sur le paysage, l’emploi, la biodiversité, le stockage du carbone des prairies, l’occupation du territoire ou la production d’aliments de qualité. Les solutions simplistes et radicales des anti-viande oublient souvent que le couple herbivore-prairie protège les sols et le paysage en luttant contre les avalanches ou les feux de fôrets. En valorisant fourrages et coproduits, les productions animales fertilisent les sols et produisent des protéines de qualité.

Renouer avec la société

En montrant ses pratiques et en parlant avec sincérité du soin apporté quotidiennement aux animaux, on peut aussi renouer avec la société. Il faut cependant savoir entendre les remises en cause. Pour se faire comprendre et aimer par les citoyens, il faut savoir évoluer progressivement pour répondre aux évolutions de la société. Pour évoluer en s’inspirant des autres éleveurs, votre revue papier se dote d’une nouvelle rubrique « Astuce d’éleveur » qui mettra en avant vos trucs et solutions pour se simplifier la vie. Toutes vos bonnes idées à partager sont les bienvenues !
En attendant, je vous souhaite une excellente année 2018 !

Pâtre 649
décembre 2017
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L'édito de Damien Hardy

Le patrimoine pastoral en danger

À l’heure où l’État met la touche finale au plan loup 2018-2023, les éleveurs et les élus ruraux se mobilisent pour que l’élevage pastoral puisse encore exister demain ; cet élevage pastoral qui entretient les territoires, occupe l’espace, empêche les paysages de se refermer et contribue même au patrimoine mondial de l’humanité. Lors des Rencontres internationales des acteurs de l’agro-sylvo-pastoralisme méditerranéen qui se sont tenues à Montpellier et dans les Cévennes, l’ombre de la prédation assombrissait toutes les interventions. Avec plus de 10 000 victimes du loup à déplorer en 2017, l’appétit du carnassier semble sans limite. Et son expansion avérée occasionne des protections toujours plus nombreuses, coûteuses et bien souvent inutiles.

Les moyens de protections proposés amènent maladies, pollution et stress aux bêtes comme aux hommes. Les attaques coûtent aux éleveurs de l’anxiété, des pertes économiques directes et indirectes avec les tarissements, avortements, pertes des acquis génétiques.Le pastoralisme n’est pas que du folklore, c’est une vraie activité économique. Dans une récente étude de l’Inra, quel que soient les moyens de protection envisagés, la perte financière directe serait de 12 à 63 % de l’EBE dans le rayon de Roquefort. Messieurs les politiques, avant de signer le nouveau plan loup, écoutez les ruraux, écoutez les élus, écoutez les éleveurs, écoutez les scientifiques, écoutez le bon sens !

Pâtre 648
novembre 2017
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L'édito de Damien Hardy

Mille métiers

Le métier d’éleveur demande une grande polyvalence. Pour s’occuper des animaux, l’éleveur doit être soigneur, gestionnaire, zootechnicien, mécanicien, commerçant, cultivateur… Certains, en plus de leur troupe, ont une activité extérieure, salariée ou non. Gros cheptels ou petits troupeaux, il y a mille façons d’être pluriactifs. Certains passionnés ont des moutons comme d’autres ont des potagers, pour le plaisir de conduire le vivant et de produire son alimentation. D’autres se prennent au jeu de l’élevage en développant la troupe, initialement acquise comme tondeuse à gazon. Des jeunes en attente d’installations se forment autant avec leurs brebis qu’avec leur activité externe.

Passionnés, ces éleveurs apprécient de mener de front deux activités qui peuvent se compléter. En plus de rapporter un peu d’argent, l’élevage ovin amène une qualité de travail, une identité d’éleveur, une proximité avec le vivant, un défi technique ou une insertion dans la vie locale. L’activité extérieure amène, elle aussi, du revenu et ouvre aussi l’éleveur vers un autre univers. Cet enrichissement demande cependant une grande organisation. Attention à ne pas s’épuiser en courant mille lièvres, mille métiers…

Pâtre 647
Octobre 2017
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L'édito de Damien Hardy

Dialogues impossibles

Les éleveurs attendent une reconnaissance de leur travail. Ils fournissent des produits de qualité tout en entretenant la diversité de paysages chère à notre pays. Quand la reconnaissance n’est pas financière, qu’elle soit au moins morale. Si la grande majorité de nos concitoyens aiment les agriculteurs, une minorité agissante blesse les éleveurs par leurs critiques. Les militants animalistes ou pro-loups qui parlent de l’élevage sans le connaître et qui veulent nous faire culpabiliser d’être omnivores ou de vouloir protéger nos troupeaux des crocs et griffes de la prédation crispent toutes formes de dialogue. Si les idées de ces militants n’ont qu’une place marginale dans les opinions de nos concitoyens, ces activistes maîtrisent mieux les images, internet et les réseaux et ils parviennent à prendre une (trop) grande place médiatique. S’il est impossible de faire basculer cette minorité agissante, il faut, face aux extrêmes, montrer la réalité au plus grand nombre. Ouvrez vos fermes, montrer les prairies et les montagnes où vivent vos animaux. Expliquez-leur vos contraintes et vos efforts. Montrez ce que vous faites de bien et dialoguez avec la société !

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