Pâtre 07 février 2018 à 01h00 | Par D. Hardy

Un plan de la filière ovine pour construire l'avenir

Le plan de la filière ovine française dresse un ordre de bataille ambitieux pour retrouver des consommateurs et des producteurs. Détail des propositions.

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Le plan de filière ovine souhaite doubler la production de viande ovine bio, label rouge et IGP.
Le plan de filière ovine souhaite doubler la production de viande ovine bio, label rouge et IGP. - © A. Villette

Demandée par le président de la République dans le cadre des États généraux de l'alimentation, la rédaction des plans de filière a mobilisé les interprofessions en fin d'année dernière. Interbev, l'interprofession du bétail et de la viande, ainsi que la toute jeune interprofession France Brebis Laitière, ont planché jusqu'au 14 décembre pour rendre un épais document de 77 pages. Ce Plan de la filière ovine française contient un diagnostic de la situation du marché, des objectifs d'évolution ambitieux et chiffrés, assortis d'échéances. Les interprofessions devaient ainsi recueillir des engagements formels des acteurs impliqués et définir des modalités de suivi, avec des indicateurs de progrès.

Piloté par la section ovine d'Interbev, le plan a été discuté et validé par l'ensemble de l'interprofession, c'est-à-dire par l'ensemble des organisations de cette filière longue depuis l'éleveur jusqu'au distributeur de viande. Cela représente 21 organisations nationales de la commercialisation (bouchers, grandes surfaces, restauration...), de la transformation (abattoirs...), de la mise en marché (coopération, commerçants en bestiaux, marché en vif) et de l'élevage (FNO, Coordination rurale, Confédération paysanne, France génétique élevage, Fil rouge, CNBL et France Brebis Laitière).

Pour la partie viande, l'interprofession fait le constat que la consommation a chuté de 20 % entre 2009 et 2014. À peine 50 % des Français achètent encore de la viande ovine et le consommateur moyen, pour ce type de produits, est un couple de séniors aisés. La filière ovine souhaite donc rajeunir ses consommateurs. Interbev veut notamment profiter du cofinancement européen pour mener, avec ses partenaires anglais et irlandais, une reconquête des 25-45 ans par des campagnes d'image et de proposition de recettes. La filière ovine veut aussi poursuivre les efforts amorcés avec la campagne Agneau Presto en 2010. Industriels et détaillants s'engagent ainsi à proposer des découpes plus élaborées, mieux adaptées aux différents moments de consommation et à la cuisine d'assemblage. Des formations aux nouvelles découpes pourraient ainsi être réactivées. Cependant, le plan de filière note que « ces efforts profiteront surtout aux viandes d'importation, d'où l'importance de la montée en gamme de la viande ovine française ».

Pour cela, la fi lière souhaite doubler sa production de viande biologique en passant de 5,5 % de brebis bio actuellement à 11 % d'ici cinq à dix ans. L'objectif est aussi d'atteindre 30 % d'agneaux vendus sous labels offi ciels de qualité (contre 17 % aujourd'hui). Cette montée en gamme devrait passer par une concertation renforcée entre amont et aval via un renouveau de la contractualisation. En effet, la filière ovine a déjà généralisé la contractualisation entre les éleveurs et leur premier acheteur (80 % des volumes). Mais elle veut aller plus loin pour intégrer la prise en compte des coûts de production sur 30 % des volumes. « Il s'agira de sécuriser l'approvisionnement des acteurs de la transformation, précise le document. Les opérateurs de l'amont comme ceux de l'aval ont besoin de visibilité. La nouvelle contractualisation sera volontaire et fondée sur la construction des prix à partir de l'amont, prenant en compte les coûts de production, mais aussi une exigence de régularité de la qualité des livraisons et le respect des engagements de volumes annuels et des calendriers de livraisons. »

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La suite dans Pâtre n°651 de février 2018

Une interprofession nationale pour coordonner les actions en lait de brebis

Le plan de filière inclut également un large volet spécifique aux ovins laitiers. Après une description des atouts du lait français et des quatre bassins laitiers (Rayon de roquefort : 63 % du lait, Pyrénées-Atlantiques : 23 %, Corse : 2 % et hors bassin : 12 %), le document décrit les ambitions de la filière. La première action, déjà initiée, concerne la gouvernance et la structuration de la filière avec la création de l'association France Brebis Laitière qui regroupe les trois interprofessions historiques (Corse, Pyrénées-Atlantiques et Roquefort) ainsi que les opérateurs hors interprofession et le Comité national des brebis laitières.

Cette association pourrait devenir à terme une interprofession nationale. Elle pourrait accompagner les éleveurs dans leur structuration en organisation de producteurs comme c'est déjà le cas pour trois OP de Roquefort et trois OP des Pyrénées-Atlantiques. La filière souhaite également encourager et accompagner la contractualisation obligatoire qu'elle souhaite mettre en place.

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La suite dans Pâtre n°651 de février 2018


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