Pâtre 19 novembre 2018 à 15h00 | Par B. Morel

Tondeur de moutons, un métier sportif et technique

La tonte des moutons est un moment convivial et intense dans les élevages ovins. Les tondeurs font part de leur endurance et de leur savoir-faire pour soulager les brebis.

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Les chantiers de tonte peuvent mobiliser plusieurs tondeurs professionnels, sans compter l'éleveur et des renforts pour manipuler les animaux, trier et stocker la laine.
Les chantiers de tonte peuvent mobiliser plusieurs tondeurs professionnels, sans compter l'éleveur et des renforts pour manipuler les animaux, trier et stocker la laine. - © L. Geoffroy

Voir son métier comme un sport et en même temps comme une prouesse technique, travailler au contact des animaux et fidéliser sa clientèle. Les tondeurs de moutons sont fiers de leur métier, tout d’abord parce qu’ils rendent service aux éleveurs et aux brebis en réalisant leurs gestes précis, armés de leurs tondeuses.

« Être tondeur, c’est motivant d’abord par son aspect sportif, devoir s’entretenir et gérer son physique pour toujours être performant,témoigne Thimoléon Resneau. J’apprécie aussi vraiment les moments de convivialité partagés avec les éleveurs et surtout je suis passionné depuis tout petit par les brebis. » Selon lui, un bon tondeur est avant tout endurant mais le muscle n’a pas grand-chose à voir. « Une bonne maîtrise de la technique permet de compenser un manque de force physique », appuie-t-il.

Éleveur de 600 brebis dans l’Aude, Thimoléon Resneau est issu d’une famille de tondeurs-éleveurs de la Drôme. C’esta uprès des siens qu’il a appris ce métier unique et passionnant. Il est maintenant tondeur dans son département d’adoption, ainsi qu’en Ariège et dans les Pyrénées-Atlantiques.

THIMOLEON RESNEAU a été sélectionné cinq fois en équipe de France et il est formateur à l'association des tondeurs de moutons.
THIMOLEON RESNEAU a été sélectionné cinq fois en équipe de France et il est formateur à l'association des tondeurs de moutons. - © B. Morel

De l’endurance et du calme pour garder la convialité

« Je suis globalement autodidacte, mais je suis parti plusieurs fois en Nouvelle-Zélande pour perfectionner ma technique »,reprend-il. Un séjour chez les Kiwis semble une étape incontournable dans l’apprentissage du métier de tonte, bien que l’offre de formation à la tonte en France se développe de plus en plus et gagne en qualité. La méthode Bowen est la référence absolue dans le domaine, elle permet notamment de valoriser tout type de toison, qu’il s’agisse de Lacaune peu laineuse à la Mérinos abondante. « Là-bas, c’est parfait pour apprendre car toute la production est tournée vers la laine, continue le tondeur, par ailleurs six fois champion de France de tonte. Les brebis sont bien conformées, les salles de traite sont toutes les mêmes. C’est idéal pour bien apprendre les gestes techniques. »

Chez nous, la standardisation n’est pas la même. Avec une soixantaine de races de moutons, le tondeur n’est pas confronté à ce type de routine. D’autant que tous les élevages français ne disposent pas d’une salle de tonte en bonne et due forme, loin de là. Toujours selon Thimoléon Resneau, « c’est aussi ça le charme de la production française, on ne s’ennuie pas. Mais j’avoue que j’ai une préférence pour les brebis très laineuses, le défi sportif est plus important. Il faut savoir mesurer chacun de ses gestes pour ne pas se fatiguer trop vite et faire un bon nombre de brebis à l’heure, pour que je puisse gagner ma vie ! »

En effet, la rémunération des tondeurs se fait à la brebis. Le tarif varie selon la difficulté et la région. Pour l’Aude, les Pyrénées-Atlantiques et l’Ariège, un tondeur gagne en moyenne1,65 euro par brebis. Sur une journée de travail, soit sept à huit heures de tonte, il peut s’occuper de 150 à 300 brebis. Les chantiers de tonte durent généralement une journée voire plus, selon la taille du troupeau et la disponibilité de l’éleveur. Le tondeur enchaîne une heure et demie à deux heures de travail à la suite. Les sessions sont entrecoupées de pauses, le temps pour le tondeur de récupérer physiquement et pour l’éleveur, de changer le lot de brebis, de trier la laine, etc.

Le tondeur vient avec son matériel qu’il peut compléter d’une bâche pour récupérer la laine, de petites portes saloon à fixer sur l’enclos pour faciliter les va-et-vient de l’éleveur qui amène les animaux et d’un porte-sac de laine. La saison dure trois mois et demi pour Thimoléon Resneau, de mi-avril à fin juillet, après la période des agnelages sur son exploitation : « je préfère une saison courte et intense, comme ça je peux être plus présent sur ma ferme aussi. »

 

Le Mondial de tonte se tiendra du 4 au 7 juillet 2019 à Le Doraten Haute-Vienne. Plus d’infos sur mondialdetonte-france2019.com

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