Pâtre 26 février 2018 à 08h00 | Par Un dossier du GEB – Institut de l’élevage

L'élevage ovin en Nouvelle-Zélande ou l'art de se réinventer

L’élevage ovin néo-zélandais reste le numéro un mondial en valeur. Grâce à l’herbe, il produit une viande très compétitive, exportée de par le monde. En un quart de siècle, les éleveurs ovins ont considérablement augmenté leur productivité.

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La filière ovine néo-zélandaise est tournée vers l'export.
La filière ovine néo-zélandaise est tournée vers l'export. - © J. Baudoin

La filière ovine néo-zélandaise, fleuron de l’agriculture dans les années quatre-vingt, s’est fait largement dépasser par l’expansion laitière. Depuis 30 ans, le cheptel de brebis a été réduit de deux tiers. Cependant, la production n’a, elle, perdu que 31 % de ses volumes, grâce à l’augmentation de la productivité. Tout en étant reléguée vers les terres les moins favorables face à la conquête des prairies par les vaches kiwis.

Pour autant, les exploitations allaitantes valorisent encore les deux tiers des prairies et le premier exportateur mondial de viande ovine en valeur garde de nombreux points forts. Grâce au pâturage, les coûts de production paraissent imbattables en sortie d’exploitation. L’industrie de l’abattage-découpe a diversifié son portefeuille clients sur tous les continents, mais surtout sur les marchés émergents du Sud-Est asiatique. Tout l’écosystème public-privé est tourné vers l’export, avec un gouvernement qui a conclu et négocie nombre d’accords de libre-échange bilatéraux.

Cependant, la filière ovine néo-zélandaise reste sensible aux accidents climatiques qui ont tendance à se multiplier, même dans cet archipel au climat humide et tempéré. Autre limite : sa saisonnalité, liée au système tout herbe, l’oblige à de forts investissements en automatisation et en robotique pour traiter un pic de production concentré de décembre à mars. Avec la très forte concurrence de l’exploitation laitière, qui ampute la production de viande ovine, cela entraîne une surcapacité de l’abattage-découpe. Enfin, la demande chinoise est tellement dynamique depuis 2012 que la Nouvelle-Zélande ne remplit qu’aux trois-quarts son contingent d’exportation à droit nul vers l’Union européenne.

Cela veut-il dire qu’augmenter ce contingent dans le cadre d’un futur accord entre l’UE et la Nouvelle- Zélande, déjà considérable (228 000 tonnes équivalent carcasse, soit plus de la moitié des exportations totales du pays), serait sans risque pour les Européens ? Certainement non, car en cas de fermeture du marché chinois, les flux reviendraient très rapidement vers le marché européen, de loin le plus rémunérateur. Et qui sait ce qui se passera après le Brexit, sachant que le Royaume-Uni absorbe aujourd’hui la moitié des importations de l’Europe à 28 ? La filière ovine néo-zélandaise a encore de belles perspectives de croissance pour la décennie à venir, peut-être pas en volume mais en valeur sur ses différents marchés cibles.

La suite du dossier dans le Pâtre n° 652 de mars 2018:

- La prairie comme ressource naturelle - Quand l’herbe est une richesse, c’est toute une filière qui produit à bas coûts

- Un âge d’or après guerre - La longue histoire des moutons aux antipodes

- Des vaches conquérantes - L’élevage bovin laitier, plus rentable, réduit l’espace des ovins

- Toujours plus productive - La filière ovine a su réagir et gagner en productivité

- Diviser les carcasses pour mieux régner - Reine de l’export en adaptant ses produits à chaque marché

La filière ovine néo-zélandaise a encore de la ressource !
La filière ovine néo-zélandaise a encore de la ressource ! - © Idele

Le dossier Économie de l’élevage n°481 édité par l’Institut de l’Élevage détaille en 28 pages les évolutions de la filière ovine néo-zélandaise. 18 € en version papier ou 10 € en téléchargement sur www.idele.fr

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