Pâtre 25 novembre 2008 à 15h51 | Par L.Geffroy

Institut de l’élevage - Les impacts de la FCO évalués dans les élevages

Une étude sur les conséquences économiques de la FCO montre qu’outre les coûts engendrés par les mortalités, les éleveurs ont dû faire face à des frais alimentaires et vétérinaires inhabituels.

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Considérée comme l’une des plus graves crises sanitaires que la France ait connue depuis la fièvre aphteuse, la fièvre catarrhale ovine (FCO) a provoqué des dommages parfois irréversibles dans les élevages, après une reprise massive en juillet 2007. Les ovins ont été très affectés par cette deuxième vague du sérotype 8, avec des signes cliniques plus prononcés et des taux de mortalité plus élevés qu’en 2006, pouvant aller jusqu’à 25 % chez les brebis. Avec le recul nécessaire pour évaluer les pertes économiques liées à cet épisode, Béatrice Mounaix,Mariette Gorceix et Denis Reynaud, de l’Institut de l’élevage, ont réalisé une étude après des enquêtes dans 58 élevages ovins viande du nord et de l’est de la France, régions où sont apparus les premiers foyers de FCO en 2007, afin de mesurer les dégâts engendrés.

Les résultats de cette étude sont inquiétants : ces régions ont été fortement touchées. Certains élevages ont du mal à s’en relever. La mortalité est importante. On constate aussi des animaux amaigris et difficiles à remettre en état. Même guéries, certaines brebis ont été trop affaiblies par la maladie pour survivre après la mise bas, laissant des agneaux sans mère. La FCO a touché plus fortement les brebis et les béliers que les agneaux. Les auteurs de l’étude avancent un chiffre de 18 % de brebis ayant présenté les signes de la maladie dans les élevages visités. C’est une moyenne puisque cela concerne parfois les trois quarts des brebis. Chez les béliers, la moyenne est de 30 %,mais c’est parfois tout le cheptel reproducteur qui est touché. Et il n’y a pas que les pertes directes, la FCO a également rendu certains béliers inaptes à la reproduction.Des éleveurs ont dû faire appel aux agneaux destinés à la boucherie pour la mise en lutte à l’automne.

Lors des agnelages, trente éleveurs interrogés pour l’étude ont observé plus d’avortements que d’habitude. Quand les agneaux sont arrivés à terme, ils présentaient parfois des malformations au niveau des yeux et de la tête. Certaines brebis avaient moins de lait, ce qui a engendré des coûts supplémentaires pour les complémenter. Les éleveurs mixtes qui avaient des vaches laitières ont pu nourrir les agneaux avec cette production, mais les éleveurs spécialisés en ovin ont dû acheter de la poudre de lait. La durée de l’engraissement des agneaux a parfois été prolongée jusqu’à deux mois, la moitié des éleveurs ayant constaté des baisses de croissance de leurs agneaux.

Autre impact économique non négligeable : le coût des interventions des vétérinaires. L’Institut de l’élevage les estime pouvant aller jusqu’à dix euros par brebis. Les éleveurs ont fait appel aux praticiens : 2,7 fois en moyenne pendant le deuxième semestre 2007. A ces frais s’ajoutent ceux de la désinsectisation: 91 euros en moyenne par exploitation. Tout ce manque à gagner a des répercussions importantes pour la pérennité des élevages, mais l’argent n’est pas le seul impact de la FCO. Le temps supplémentaire passé par l’éleveur à surveiller et manipuler les animaux est aussi à prendre en compte. Les éleveurs recherchaient les signes cliniques jusqu’à deux fois par jour et ont parfois mis leurs brebis en bergerie pour faciliter l’observation et pouvoir réagir rapidement. L’Institut de l’élevage estime à 1 h 30 en moyenne par jour le surplus de travail. 

Cette étude a été présentée aux Journées techniques ovines, le 18 novembre à Montmorillon et sera présentée aux Journées 3R le 3 décembre, à Paris La Villette. Renseignements auprès de l'Institut de l'élevage, tél. 01 40 04 52 20.

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