Pâtre 13 juin 2016 à 08h00 | Par D. Hardy

Des éleveurs limousins à l'école néo-zélandaise

Des éleveurs du Limousin sont partis aux antipodes pour visiter des élevages ovins à la fois simples et productifs. Ils ont ramené des bonnes idées qu’ils commencent à appliquer dans leurs fermes. Récit de voyage.

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Une gestion pragmatique de l’herbe et des troupeaux qui a inspiré les éleveurs.
Une gestion pragmatique de l’herbe et des troupeaux qui a inspiré les éleveurs. - © Flo Kreis

Vingt éleveurs de Haute-Vienne sont partis deux semaines en Nouvelle-Zélande pour tenter de percer les secrets de la compétitivité de leur élevage ovin. Aux antipodes, ils n’ont pas vu des gens qui marchaient tête en bas mais au contraire des éleveurs pragmatiques avec les pieds bien sur terre et sur l’herbe. Car c’est bien l’herbe qui est la base de l’alimentation des troupeaux kiwis. «Tout le calendrier est calé sur la pousse de l’herbe» explique Pascal Babaudou, éleveur de 250 brebis en Haute-Vienne et président de Limouz’inNZ, l’association créée pour ce voyage organisé en partenariat avec la chambre d’agriculture de Haute-Vienne. La seule période de mise bas est au printemps, en lien avec la disponibilité en herbe. L’objectif premier est bien de faire pâturer avec des chargements instantanés importants et des rotations très courtes au printemps. «Dès que la production d’herbe diminue, les animaux à forts besoins, les agneaux principalement, sortent et sont vendus maigres si nécessaire». A contrario, en cas d’excédents d’herbe, ils achètent des animaux pour les finir.

Ils vérifient fréquemment la croissance des animaux en les passant régulièrement à la bascule. Si le lot ne suit pas la courbe de croissance prévisionnelle, l’ajustement se fait sur la surface et la qualité des prairies mises à disposition. «C’est une vraie alimentation 100% à l’herbe, témoigne Pascal Babaudou. En deux semaines de voyage, nous n’avons pas vu un seul nourrisseur. Ça ne les empêche pas d’avoir des croissances rapides grâce aux prairies riches en trèfle, luzerne ou plantain.

Les exploitants se concentrent sur leur métier d’éleveurs et ils délèguent facilement l’échographie, l’installation des clôtures, la tonte, l’épandage, le travail du sol ou les semis. «En France, on fait plus facilement un peu de tout, des céréales, des clôtures, et au  nal on est moins concentré sur ce qui rapporte». Autres atouts des Kiwis, les investissements sont limités. À commencer par l’absence de bâtiment pour les animaux. « Certains ont des bâtiments pour abriter le parc de tri ou la salle de tonte mais jamais de cathédrale». Les animaux ont peu de besoins en hiver et ils restent dehors sans fourrages autres que l’herbe pâturée. Peu de sentimentalisme non plus au moment des réformes. Une brebis ou une agnelle vide est immédiatement reformée.

Si les éleveurs ont ramené des bonnes idées de Nouvelle-Zélande, tout n’est pas forcément transposable en France. Le climat océanique plus doux, la taille des structures, le parcellaire regroupé, une main-d’oeuvre moins coûteuse et l’absence de prédateurs sont des atouts que n’ont pas les éleveurs français. «Mais ce n’est pas forcément un pays de Cocagne, explique Frédérique Mariaud, éleveuse de Haute-Vienne. Les meilleures terres ont été prises pour faire du lait et la pluviométrie peut varier du simple au double selon les zones».

La suite du Dossier dans Pâtre n°635 de juin-juillet 2016 :

  • - Des agneaux non finis sur l’herbe des collines - Chez Arthur Waugh à Kohinui
  • - Simplification et légumineuses pour se garder du temps - Chez James Costello à Hawarden
  • - Ils ont retenu des idées et des pratiques - Des idées neuves pour gérer l’herbe

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