08 juillet 2011 à 10h56 | Par réussir

Conjoncture agricole - Net redressement du revenu des agriculteurs en 2010

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Les années se suivent et ne se ressemblent pas. Après les très fortes baisses observées entre 2007 et 2009, le résultat courant avant impôts des exploitations agricoles professionnelles s’est nettement redressé en 2010. Il est passé de 11 300 euros par actif non salarié en 2009 à 24 300 euros en 2010.

Conséquence de la dérégulation des marchés et de la volatilité des prix qu’elle induit, les revenus des agriculteurs sont de plus en plus ballotés au gré des fluctuations des cours mondiaux, tout en créant d’énormes distorsions entre les différentes productions. C’est pourquoi, ces fortes fluctuations, à la baisse comme à la hausse, amènent à analyser les résultats économiques sur plusieurs années. Ainsi l’examen des moyennes triennales du résultat courant avant impôts par actif montre en 2010 la poursuite d’une tendance baissière de 5,4 % par an entre les deux dernières moyennes triennales. Et sur une longue période, le revenu moyen de l’ensemble des exploitations professionnelles a été sur les trois dernières années quasiment identique à celui du début des années 1990 : 18 400 euros en moyenne sur la période 1990-1992 contre 18 900 euros sur la période 2008-2010, inflation déduite.

Pour ce qui est des différentes productions, le revenu des grandes cultures qui était au plus bas en 2009 à 10 200 euros s’est nettement amélioré en 2010 à 41 200 euros. La flambée des prix des céréales et des oléagineux a fait plus que compenser la baisse des récoltes et ce d’autant plus que la diminution du prix des engrais et une bonne maîtrise des achats de produits phytosanitaires a pesé sur les coûts. En conséquence, le revenu des régions de grande culture s’est amélioré, mais reste sur une tendance de moyen terme orientée à la baisse. L’évolution entre les deux dernières moyennes triennales (-13 % en Ile-de-France, -12 % en Picardie, -9 % dans le Centre) confirme la tendance baissière des cinq dernières années. Une tendance que l’on retrouve dans les régions où l’élevage côtoie les grandes cultures : - 10 % en Lorraine et -5 % en Haute-Normandie. La situation est plus favorable dans le Nord-Pas-de-Calais où le revenu s’est stabilisé grâce à la bonne tenue de la betterave et de la pomme de terre selon les années.

Eleveurs allaitants, lanterne rouge

Situation beaucoup plus contrastée en élevage. Dans le secteur laitier, les éleveurs ont bénéficié en 2010 de la remontée du prix du lait et de la reprise des volumes. Ainsi le revenu s’est établi à 21 300 euros, une valeur proche de sa moyenne de la fin des années quatre-vingt-dix. Et l’évolution de leur revenu mesurée en moyenne triennale est positive dans les régions à dominante laitière, comme la Basse-Normandie et la Bretagne (+2 % respectivement), en Auvergne ou coexistent des élevages laitiers et ovins (+4 %). La hausse est plus marquée en Franche-Comté (+12 %) compte tenu du prix du lait pour les fromages AOC, y compris en 2009.

Pour les éleveurs ovins, c’est le bilan santé de la Pac et la redistribution des aides qui a donné un coup de pouce au revenu en 2010. L’an dernier il s’est établi à 15 000 euros par actif.

Par contre pour les éleveurs bovins, le résultat courant par actif n’a été que de 14 300 euros par actif en 2010 et en moyenne sur les trois dernières années, il est à son plus bas niveau depuis 1992. Sur une base triennale, le revenu s’est inscrit en baisse de 7 % en Pays-de-Loire et de 6 % dans le Limousin.

Enfin chez les éleveurs hors sol (porcs et volailles), la hausse des résultats moyens observés en 2010 (+7,6 % en moyenne triennale) s’inscrit dans un registre de fluctuations structurelles, mais tendanciellement en baisse (-3 % par rapport à 1990-1992).

Situation contrastée en viticulture

A l’exception de l’aire d’appellation Cognac, les exploitations viticoles ont fait face en 2010 à une baisse de leurs récoltes. Néanmoins, les prix ont été mieux orientés par rapport en 2009. Insuffisants cependant pour redresser le revenu des vignerons d’appellation dont le revenu reste orienté tendanciellement à la baisse (-21 % entre les deux dernières périodes triennales) et tombe à 20200 euros par actif en 2010. Alors que les producteurs de vins sans appellation géographique protégée dont le revenu avait atteint un point historiquement bas en 2005 ont affiché une évolution positive de 3 % par an depuis 2007. En témoigne le Languedoc-Roussillon dont le revenu triennal moyen a progressé de 15 % entre 2009 et 2010, tout en restant encore à un niveau faible (12 200 euros par actif).

En monnaie constante, le revenu moyen des exploitations d’arboriculture fruitière est passé de 10500 euros par actif à 21400 en 2010. Mais en cumul sur trois années, il reste orienté à la baisse (-7 %). Celui des maraîchers et horticulteurs est passé de 14 000 à 21 000 euros par actif et s’est accru de 6 % au cours des deux dernières périodes triennales. Ainsi, en Provence-Alpes-Côte-d’Azur, le revenu triennal moyen a progressé de 2 % du fait des départements à dominante fruits et légumes (Vaucluse, Bouches-du-Rhône). Mais il a baissé en Rhône-Alpes (-6 %) à la suite de différentes calamités survenues en 2010.

 

 

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