Pâtre 04 juin 2004 à 18h23 | Par Julien Diependaele

Assemblée générale FNO - Moderniser l´élevage ovin favorisera l´installation des jeunes

Devenir pro, c´est assurer des résultats mais aussi rendre plus facile la vie d´un berger. Thème fort de ce congrès de Narbonne, la modernisation des élevages vise à favoriser l´installation de jeunes éleveurs.

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Les éleveurs, en bergerie ou en plein air, apprécient, tout comme le grand public, l´image d´un mouton dévoreur d´herbe et de grands espaces, protecteur de la faune et de la flore, défenseur des broussailles contre l´incendie. A Narbonne, ce 15 avril, le débat va plus loin et engage l´avenir de l´élevage ovin français. La modernité de l´élevage ovin doit répondre aux attentes sociétales mais également encourager les futurs éleveurs qui souhaitent s´installer.

Bénéficier du progrès de la technique
Secrétaire général de la FNO, Jean-Pierre Arcoutel rappelle la définition du Petit Robert : « est moderne ce qui est de son temps et qui bénéficie des progrès de la technique. » Frédérique Noizet et Michèle Delesvaux, ses adjoints, y voient « une évolution volontaire de l´éleveur pour améliorer le revenu et les conditions de vie ». Pour gagner ce paradis de la modernité, il faut des moins (moins d´astreinte lors des agnelages, moins de travail pour l´affouragement) et il faut des plus : plus de travail en commun, plus d´utilisation de main-d´oeuvre complémentaire ou de groupement d´employeurs ou de service de remplacement. Plus d´investissement aussi : c´est la clé de l´évolution.

Jean-François Vedel utilise l´identification électronique sur ses 350 brebis pour les trier avec une lecture de boucle informatisée. Il enregistre ses 400 agneaux annuels sur un carnet d´agnelage électronique qui lui sert aussi à annoncer les ventes de la semaine au groupement : « J´ai diminué ainsi considérablement la gestion adminstrative du troupeau. J´économise du temps, le travail est agréable ; je considère cet achat plus prioritaire que celui d´un roundballer. » Remarque d´autant plus vraie qu´il adhère à quatre Cuma.
Hubert Charlet, de l´abattoir Bigard à Castres, confirme que le travail avec la puce électronique rend plus fiable l´identification et le tri à l´entrée de l´abattoir.

Serge Préveraud, responsable du suivi de la Charte ovine note que la réussite de l´installation passe par un recensement des besoins et des obstacles mais surtout des investissements. « La difficulté réside souvent dans l´accès au foncier qui part en priorité dans l´agrandissement » note Pierre Pech de l´Adasea de l´Aude. Il serait nécessaire d´alléger la transmission du patrimoine et pour cela il faudrait certainement penser à défiscaliser les investissements, à exempter les éleveurs des taxes foncières.
Adrien Lapeyre, jeune installé à Castans dans l´Aude, souligne ses difficultés : « pour obtenir des baux venant des propriétaires, une concession de pâturage pour 70 hectares, obtenue auprès de l´ONF en zone DFCI, m´a seule permis d´avoir enfin le statut d´exploitant agricole ». Un consensus entre fournisseurs d´espace (Mairie DDA, Chambre d´agriculture, ONF) devient nécessaire pour activer l´installation.

Toute installation devrait fournir un revenu suffisant. La modernisation concerne de nombreux paramètres techniques et humains « un véritable puzzle à reconstituer, selon Michèle Delesvaux, avec en son centre la motivation personnelle de l´éleveur. Le projet doit établir un diagnostic sur le foncier, les investissements, la main-d´oeuvre, les bâtiments, la conduite de troupeau et obtenir de financer les investissements. La défense des prix du marché, l´appui technique (recherche de compétence) ne dépendent pas de l´éleveur. C´est pourquoi la formation initiale et continue devient nécessaire à la fois pour les éleveurs et les techniciens afin que le projet d´entreprise puisse être innovant et permette d´obtenir de bons résultats.
Claude Fart, éleveur en Haute-Loire, estime utile de s´organiser pour réussir : « le travail avec les partenaires OP, l´Adasea, les techniciens peut s´accompagner d´un travail en Gaec, en Cuma. Les signes officiels de qualité motivent l´éleveur et confortent son revenu : le moteur de la réussite, c´est l´éleveur ».

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