Pâtre 23 octobre 2013 à 08h00 | Par VB, Idele/agribenchmark

DECOUVRIR - Le double étage fragilisé dans le nord de l'Angleterre

Le célèbre « double étage » britannique est aujourd'hui remis en question dans le Yorkshire, tandis que les enjeux environnementaux augmentent.

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- © VBellet

Le parc national du Yorkshire Dales est la plus grande zone de landes à bruyère continue en Europe. Richard Findlay sur sa ferme de Quarry à Westerdale y exploite 120 hectares de prairies, ainsi que 500 hectares de parcours. Depuis le découplage total de la prime ovine en Angleterre en 2005, il a réduit son troupeau de 1 000 brebis à près de 800. Le type génétique a aussi évolué : les Swaledales (race rustique du nordest de l'Angleterre) utilisées dans le système à double étage britannique ont presque disparu, remplacées majoritairement par des « Easy Care », ainsi que par une petite troupe de brebis Beltex.

Du chou fourrager pour la finition des agneaux

La brebis Easy Care est un croisement réalisé dans les années 1960 à partir de différentes races dont la Wiltshire Horn et la Welsh Mountain (race rustique galloise). La brebis Beltex correspond à un rameau belge, et culard, du Texel. Richard utilise des béliers Beltex pour la lutte des brebis Easy Care, hors besoins de renouvellement (pas d'achat d'agnelles).

Après une période de défiance envers l'élevage, les gestionnaires du parc du North Yorkshire s'appuient maintenant sur les éleveurs pour entretenir les landes. Pour Richard, cela se traduit par un contrat lui demandant d'y faire sous la mère, ce qui peut sembler paradoxal, compte tenu de l'objectif environnemental du contrat avec le parc. La complémentation se poursuit après le sevrage, mais Richard peut aussi compter sur le chou fourrager implanté pour la finition des agneaux, ce qui permet de réduire leur consommation de concentré. Les ventes en maigre sont marginales, moins de 20% des agneaux de boucherie.

La productivité affichée au sevrage pour la troupe de 450 brebis Easy Care adultes est de plus de 1,6 agneau par brebis (les agnelles ne sont pas luttées), soit plus de 1,5 agneau en productivité finale. Même si ces brebis sont censées être autonomes à l'agnelage, le troupeau a été rentré en bergerie à cette période les deux dernières années, compte tenu des conditions climatiques difficiles. Les agneaux ne sont plus castrés, pour améliorer leur croissance, avec un objectif de 20 kg de carcasse à 4 mois, avec en 2012 un prix de vente moyen de 80 livres (93 euros).

« Le plus rentable, c'est la production de miel et de bougies ! »

Richard Findlay élève aussi 82 vaches allaitantes (croisées Limousines, Angus, Salers), qui sont hivernées à 25 kilomètres, plus bas dans la vallée, ce qui lui permet de doubler la taille de son troupeau, n'ayant pas de stock à réaliser pour les affourager. Sur la dernière campagne, la productivité au sevrage du troupeau bovin n'est que de 77%, du fait du virus Schmallenberg (21 % de vaches vides). Selon Richard, l'atelier le plus rentable de son exploitation, c'est la production de miel et de bougies !

Les évolutions de ces deux élevages illustrent une certaine désaffection envers le schéma de stratification de la production ovine britannique en double étage. Au-delà des risques sanitaires, le blocage de la circulation des reproducteurs lors de la crise de la fièvre aphteuse a pointé les risques liés à l'interdépendance des élevages. Mais ce schéma est aussi remis en cause par la volonté des éleveurs des zones de montagne de commercialiser des agneaux correspondant davantage aux standards de qualité du marché, voire d'améliorer la productivité de leur troupeau.

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