Pâtre 23 octobre 2013 à 08h00 | Par L.Geffroy

ÉNERGIES RENOUVELABLES - Le photovoltaïque pour financer un bâtiment ou une bergerie

Le photovoltaïque peut aider au financement d’une bergerie ou d’un bâtiment de stockage. L’éleveur peut investir seul mais il existe une autre possibilité, collective.

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- © Agrisoleil -DR

Dans la Vienne, Agrisoleil 86 réunit depuis 2009 pas moins de 66 agriculteurs de toutes productions qui ont constitué une SAS pour un projet de 42 000 mètres carrés de toitures en photovoltaïque et une production de 6,4 MWh. Le coût pour l’ensemble est de 33,5 millions d’euros. L’objectif était de sécuriser l’activité photovoltaïque sans mettre en péril l’exploitation, de mutualiser profits et pertes. Ils ont fait appel à un expert à qui ils ont délégué le montage du projet. Les agriculteurs doivent rester propriétaires du sol et Agrisoleil, porteur du projet, leur loue le foncier via un bail à construction pour une durée de 30 ans.

Les agriculteurs apportent le capital à hauteur de 20 % de leur projet et reçoivent les dividendes, les 80 % restant à financer le sont par un endettement de la société. L’agriculteur est à la fois actionnaire de l’entreprise, propriétaire du foncier et utilisateur du bâtiment. Le tarif de rachat est fixé pour vingt ans.

Un projet qui fait des émules

L’initiative de la Vienne a fait des petits avec un projet du même type développé en Charente, Agrisoleil 16. Il s’agit de dix agriculteurs pour 650 mètres carrés de toiture, pour un investissement de 2,3 millions d’euros. Cette fois-ci, douze bâtiments de stockage de 54 mètres par douze mètres ont été construits sur un même modèle, pour réduire les coûts. Il faut compter dix-huit mois pour que le bâtiment sorte de terre.

Le fait de mutualiser permet de lever plusieurs freins, comme les coûts de raccordement et permet d’avoir un taux d’intérêt plus intéressant auprès des banques. « La clef est de bien réfléchir avant de se lancer mais il faut aller vite dès que la décision est prise », témoigne Patrick Soury, éleveur ovin impliqué dans ce projet. Le premier bâtiment était prêt en mai 2013 et sept sont déjà montés. « Le problème des sociétés qui ont frappé à nos portes est qu’elles sont là pour faire du profit. Alors que ce profit, on peut se le garder en tant qu’exploitant », remarque l’éleveur de Charente. Un troisième projet est en préparation en Haute-Vienne. Il s’agit cette fois de bergeries permettant de loger 300 à 380 brebis avec 650 mètres carrés de toiture photovoltaïque . « L’objectif, rappelons-le, n’est pas de gagner de l’argent, c’est de financer un bâtiment », insiste Patrick Soury. La règle d’or, c’est que le bâtiment doit répondre aux besoins agricoles. Évidemment, la situation a évolué, ce n’est plus aussi intéressant financièrement au vu des baisses du rachat du kWh mais les ordres de grandeur suivants sont encore respectés. 50 % du chiffre d’affaires de la vente d’électricité sert à rembourser les annuités, 15 % correspondent aux frais annuels et 35 % aident à financer le bâtiment. Le photovoltaïque reste une opportunité pour aider à diminuer la facture.

D’après une conférence de Tech-Ovin 2013

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