Pâtre 23 octobre 2013 à 08h00 | Par L.Geffroy

DOSSIER - Des pistes pour réduire la mortalité

La technicité des éleveurs reste le levier principal pour limiter les pertes d’agneaux. Une étude montre la grande disparité entre les producteurs qui ont été enquêtés en 2011 et 2012.

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- © patou/fotolia

Après avoir travaillé pour produire un agneau, si celui-ci meurt juste après sa naissance, c’est une perte de temps et de profit pour l’éleveur qui peut se sentir impuissant. Au niveau national, le taux de mortalité moyen des agneaux n’a pas diminué ces dernières années. Au contraire, selon la base de données du logiciel de contrôles de performances Ovall, après avoir flirté avec les 10 % au début des années 2000, ce taux frôle les 14% depuis 2008, soit une augmentation de près de 4 % en dix ans. Par contre, la productivité numérique(1) est stable depuis 20 ans, en moyenne de 129 %, pour les élevages en appui technique, avec une prolificité en augmentation.

Les marges de manoeuvre se situent donc davantage au niveau de la mortalité et plus particulièrement dans les 48 heures suivant la naissance. Des techniques existent pour limiter la casse. Une étude(2), réalisée chez 54 éleveurs du Limousin, d’Auvergne et du Languedoc Roussillon, montre que la rigueur et la technicité sont des facteurs d’amélioration. Des précautions comme s’assurer de la prise de colostrum ou surveiller les brebis pour les assister en cas de mise bas difficile peuvent améliorer ce taux. Des brebis trop maigres, c’est aussi une cause importante pointée par les zootechniciens. D’où l’importance de la note d’état corporel. Il faut adapter la ration nécessaire aux besoins. Les éleveurs ne réforment pas non plus toujours de façon optimale.

Enfin, les conditions d’hygiène ont également un rôle à jouer dans la diminution du taux de mortalité. Les éleveurs de l’étude estiment avoir globalement peu voire pas de marge de manoeuvre sur la mortalité avant 48 heures. Ils la considèrent comme inhérente au système. À l’inverse, ils jugent avoir plus d’emprise sur la mortalité après deux jours de viede l’agneau. De la naissance à 48 heures d’âge, les causes de mortalité, identifiées par ces éleveurs, sont liées à la taille de l’agneau (11,6% de la mortalité concerne des agneaux très petits) ou à des problèmes de tétée (pour 7,5% de la mortalité). Pour les avortons ou les mort-nés, les causes sont fréquemment « inconnues » ou non infectieuses (agneau noyé, mal placé). Dans le cas d’un épisode abortif, il est important de faire réaliser des prélèvements par le vétérinaire afin d’identifier l’éventuel agent infectieux à l’origine des avortements. Après dix jours d’âge, les causes infectieuses deviennent prépondérantes (entérotoxémie, affections respiratoires, diarrhées).

Cette étude prospective sur la mortalité des agneaux est une première en France. Elle permet d’acquérir des références régionales pour mieux apprécier cette problématique. Une deuxième année de suivi permettra d’étudier les évolutions interannuelles ainsi que l’impact de plans d’actions dans les élevages avec de forts taux de mortalité.

1) Nombre d’agneaux vendus + gardés pour le renouvellement /nombre de brebis mises en lutte. 2) Étude de l’UMT « maîtrise de la santé des petits ruminants » pilotée par le Ciirpo et rendue possible grâce au soutien financier des conseils régionaux Auvergne, Limousin et Languedoc- Roussillon et de FranceAgriMer.

 

La suite dans Pâtre 608, parution fin octobre

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