Pâtre 29 mai 2015 à 08h00 | Par A. Villette

Une formation pour les éleveurs ovins alliant technique et économie

Un centre de gestion de Haute-Loire a organisé une formation de groupe faisant le lien entre les pratiques et les résultats économiques de l’exploitation.

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PIERRE-EMMANUEL RADIGUES (2E À GAUCHE), VÉTÉRINAIRE CONSULTANT a passé en revue l’exploitation de Jérôme Pot, pointant du doigt les défauts à corriger pour diminuer la mortalité des agneaux.
PIERRE-EMMANUEL RADIGUES (2E À GAUCHE), VÉTÉRINAIRE CONSULTANT a passé en revue l’exploitation de Jérôme Pot, pointant du doigt les défauts à corriger pour diminuer la mortalité des agneaux. - © A. Villette

Des formations de groupe alliant technique et économie, c’est ce qu’a mis en place depuis un an le centre de gestion Cerfrance Haute-Loire pour ses éleveurs. L’idée part d’un constat simple : l’économie n’est que le résultat de la technique, les deux étant donc indissociables, et c’est par l’échange qu’on apprend et qu’on retient le mieux. L’objectif de ce type de formation de groupe est de permettre aux éleveurs de gagner en efficacité technique et économique et de les rendre acteurs de leur plan d’action en leur permettant d’aller piocher des solutions chez les autres. « Ce genre de groupes de gestion existait il y a longtemps mais avec l’augmentation des tailles d’exploitation, le manque de temps, ils se sont étiolés, remarque Serge Figon de Cerfrance Haute-Loire. Mais nous voulons reconstituer cette dynamique. » Le centre de gestion n’est pas un organisme technique, ses conseillers étant orientés vers les problématiques économiques. Mais la mise en commun des résultats économiques fait émerger des questions techniques. D’où la création de partenariats avec des organismes orientés vers le conseil technique comme la Chambre d’agriculture et le GDS.

Puiser des solutions dans l'échange avec les autres

Après avoir organisé l’an dernier une formation de groupe sur le thème des coûts de production, ils décident cette année de mettre l’accent sur la mortalité des agneaux. « J’ai participé à la formation l’année dernière, témoigne Evelyne Boulet, éleveuse et membre du bureau du Cerfrance. Je me suis rendue compte que si nous étions bons techniquement, il nous fallait mieux raisonner certaines charges. Cela nous a fait réagir sur la gestion globale de l’exploitation. Aujourd’hui, le sanitaire est une vraie préoccupation pour les éleveurs ovins. Et vu le prix de l’agneau, en sauvant plus d’agneaux, on améliore vite son revenu. D’où le thème que nous avons proposé pour cette deuxième session. » Lors d’une première journée, animée par un conseiller de gestion, les éleveurs ont mis en commun leurs résultats en allant jusqu’à comparer la productivité de la main-d’oeuvre et leurs revenus ce qui a permis de constater des écarts énormes. La deuxième journée a été réalisée avec le GDS et animée par un vétérinaire nutritionniste. « Nous avions l’habitude de faire une journée de formation pour les éleveurs ovins sur la santé du troupeau, explique Florence Bastide du GDS de Haute-Loire. Ici c’est intéressant d’avoir un groupe qui travaille en amont de cette journée et débriefe ensuite. Pour nous ça peut être un moyen de voir de nouvelles têtes, car tous les éleveurs ovins ne sont pas au GDS ».

Un plan d'action avec des indicateurs économiques

« J’étais routier avant de m’installer: c’est important pour moi de me former. Ça permet aussi de rencontrer de nouveaux éleveurs. Il y a dans le lot des éleveurs qui ont des grosses troupes. Je pense qu’on a beaucoup à apprendre de ces gens », confie Jérôme Pot, éleveur de 300 brebis près de Saint-Paulien qui a accueilli le groupe sur son exploitation. «Mon installation a été précipitée et je n’ai pas pu finir mon BTS, se souvient Clément Lebrat. Quand on s’installe on est démuni, surtout quand on n’a pas les parents derrière pour aider. Aujourd’hui, c’est important pour moi d’aller voir des exploitations pour apprendre. » La dernière journée de la formation a permis aux éleveurs d’élaborer un plan d’action pour mettre en oeuvre les préconisations sur leurs exploitations en se fixant des indicateurs chiffrés pour évaluer la progression des résultats. Cerfrance Haute-Loire souhaite faire essaimer de genre de formations et susciter ailleurs l’envie de les mettre en place.

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