Pâtre 19 janvier 2012 à 13h14 | Par D.Daniel

SANTE - Gérer la toxémie de gestation

La fin de gestation est une période critique dans la production et elle demande une prise en compte sérieuse. Les erreurs alimentaires par excès ou par défaut font souvent apparaitre des toxémies

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Complémenter au champ permet de limiter le stress tout en apportant l’énergie nécessaire.
Complémenter au champ permet de limiter le stress tout en apportant l’énergie nécessaire. - © D.Daniel
Chez les ruminants, la fin de gestation est consacrée à la croissance des foetus, qui n’est possible que par une consommation importante du glucose sanguin maternel. Malheureusement, ce glucose est très difficile à synthétiser chez la brebis. Les apports énergétiques (céréale, herbe jeune, ensilage…) donnent dans le rumen des acides gras volatiles (ou AGV) et non du glucose. Ces acides gras seront transformés en glucose dans le foie.
A part le foetus, les cellules les plus exigeantes en glucose sont celles du cerveau. En conséquence, tout ce qui sera consommé par le foetus ne pourra servir pour le cerveau de la brebis.

BESOINS ÉNORMES

Lorsque la brebis est en bon état et qu’elle n’attend qu’un agneau, cette concurrence entre le cerveau et le foetus est imperceptible. La situation se complique lorsque la brebis attend deux agneaux ou plus. Les besoins deviennent énormes, la brebis doit impérativement utiliser ses réserves. Or la transformation des graisses en glucose passe également par le foie et par les mêmes mécanismes que celles des AGV. C’est à ce niveau que se jouent les toxémies des brebis grasses et des brebis douvées.
En effet, dans les deux cas, le foie est incapable de fonctionner assez rapidement, les acides gras ne sont pas entièrement dégradés, il se forme des corps cétoniques. Les corps cétoniques sont toxiques pour le cerveau. Ce qui, cumulé à un déficit en glucose, donne des symptômes nerveux chez les brebis atteintes : tremblement, cécité, convulsion, paralysie, faiblesse sont les principaux symptômes de la toxémie de gestation. Chez la brebis maigre, sous alimentée ou parasitée par des vers digestifs, il n’y a pas de corps cétoniques, les symptômes sont principalement une grande faiblesse, une incapacité à se lever, le reste des symptômes nerveux n’apparaissent qu’en fin d’évolution. L’hypocalcémie (carence en calcium) n’est pas la cause de la chute mais souvent une conséquence de la toxémie. Ne sachant pas le plus souvent à quel stade on intervient, on utilise souvent du calcium en plus du propylène glycol ou du sorbitol (précurseur du glucose) pour relever la brebis le plus rapidement possible.
L’utilisation de glucose ou de sucre de cuisine par voie orale est sans effet car ils sont dégradés dans le rumen. La mélasse permet de prendre le relai du traitement individuel en apportant rapidement du glucose dans le sang sans solliciter le foie. Les toxémies ne sont pas sans danger pour les agneaux. Privés de glucoses, ils souffrent. Cela provoque au mieux un retard de croissance — voire un agnelage prématuré qui soulage immédiatement la mère —et au pire un avortement compliqué par des infections. Lorsque la brebis est très proche du terme, provoquer l’agnelage permet de sauver la mère sans pénaliser les agneaux, lorsque la malade est loin du terme, l’avortement thérapeutique est souvent la seule solution.
Pour prévenir la toxémie sur un troupeau à risque (forte prolificité, brebis très grasses ou très maigres), il faut impérativement mettre en place une complémentation précoce dès un mois avant agnelage et l’adapter à l’état des brebis.

ÉVITER TOUT STRESS

Dans le cas de brebis grasses, on préférera une faible complémentation et un distributeur de mélasse.Dans tous les cas, il faut éviter ce qui utilise beaucoup de glucose comme les stress, le froid, le parasitisme et ce qui empêche l’alimentation comme les boiteries ou les infections. Ne pas oublier que la rentrée en bergerie est un stress majeur. En présence d’un troupeau gras, il est souhaitable de rentrer les animaux en bergerie soit un mois avant soit juste au moment de l’agnelage — même et surtout si une ou deux brebis débutent une toxémie au pré —. Pour augmenter la quantité de nourriture ingérée et donc limiter les risques de toxémies il est possible de tondre les brebis. La tonte augmente l’appétit et la place à l’auge, elle peut prévenir les toxémies à condition qu’elle soit effectuée dans les trois semaines à un mois avant l’agnelage. Passer ce délai, le stress et le froid vont aggraver le problème.

Acheter un numéro

Il est possible d'acheter les anciens numéros de la revue "Pâtre".
Contactez Laëtitia REGNIER du service abonnement :

pour vous assurer de la disponibilité du numéro demandé.
Une fois le numéro réservé, nous attendons une confirmation écrite avec règlement par chèque bancaire de la commande, avant d'envoyer par retour le(s) numéro(s) commandé(s) accompagné(s) d'une facture justificative. Les numéros sont vendus à la valeur faciale, port compris, lors de la parution de chacun d'entre eux.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Pâtre se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Question du mois

Produisez-vous sous signe de qualité ?

Répondez à la question

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 22 unes régionales aujourd'hui