Pâtre 27 octobre 2017 à 10h00 | Par V. Bargain

Ils ont choisi d'être pluriactifs

En France, près de 1500 éleveurs d’ovins ont une activité extérieure en plus de l’élevage. En hobby, en complément de revenu, en attendant de s’installer ou pour entretenir les terres et le savoir-faire, les motivations des doubles actifs sont multiples.

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Frédéric Vrignon, 150 brebis en Vendée et salarié d'un camping
Frédéric Vrignon, 150 brebis en Vendée et salarié d'un camping - © V. Bargain

En 2013, sur 6072 exploitations ovins viande de plus de 150 brebis, 10 % des hommes et 17 % des femmes étaient des éleveurs pluriactifs. Et sur 5 266 exploitations élevant des brebis laitières, 6 % des hommes et 12 % des femmes avaient une autre activité que l’élevage. Certains associent deux ou plusieurs activités de façon pérenne, avec parfois une composante saisonnière (travail en station de ski ou dans un camping, entreprise de travaux agricoles, ferme-auberge, chambres et tables d’hôtes…). Dans certains cas, l’emploi extérieur est pris par nécessité, pour avoir un revenu complémentaire pendant une période plus ou moins longue. De plus en plus de jeunes, avant de s’installer à plein-temps, travaillent aussi à l’extérieur pendant quelques mois ou années tout en commençant leur activité d’élevage. C’est le cas notamment de jeunes dont les parents sont présents sur l’exploitation, qui augmentent progressivement le troupeau mais peinent à trouver du foncier. La double activité leur permet d’acquérir un peu de trésorerie et de se faire la main tout en gardant des relations avec l’extérieur. Un autre cas encore est celui de personnes ayant un emploi à temps plein et qui élèvent une cinquantaine de brebis parce qu’elles ont du foncier, pour perpétuer une tradition familiale et parce qu’elles aiment l’élevage. C’est le cas notamment de techniciens d’élevage, qui mettent leurs connaissances en application et ont ainsi une vraie légitimité dans les conseils qu’ils apportent aux éleveurs. Généralement passionnés, ces éleveurs obtiennent de bons résultats et permettent d’entretenir, à petite échelle, la construction de compétences dans le domaine de l’élevage ovin. L’obligation de traçabilité et d’identification et les formalités qu’elle implique tend toutefois à décourager aujourd’hui ces initiatives. L’activité extérieure peut être une activité salariée. Il peut aussi s’agir d’une activité indépendante (artisanat, services…) impliquant le plus souvent la création d’une structure séparée. Dans les deux situations, les incidences sociales et fiscales doivent être examinées et impliquent des choix à raisonner en se faisant conseiller par un expert. Dans un Gaec, où l’activité extérieure d’un associé ne peut dépasser 536 heures par an (700 h pour les activités saisonnières hivernales spécifiques de haute montagne), les choses doivent aussi être bien mises au clair pour savoir par exemple comment compenser le temps passé à l’extérieur quand un seul des associés est concerné. Dans tous les cas, la pluriactivité implique plus de travail et souvent des contraintes horaires et nécessite une bonne organisation. En contrepartie, elle apporte un revenu complémentaire, une ouverture d’esprit et peut s’avérer enrichissante. Enfin, la plupart des doubles actifs mettent en avant les qualités du travail en élevage, qui invitent à penser autrement l’attractivité du métier d’éleveur.

Découvrez la suite de ce dossier dans Pâtre n°648 de novembre 2017 :

- Les raisons d’avoir un élevage en plus de son travail - Comprendre les choix des éleveurs pluriactifs - p. 20

- La pluriactivité entraîne des incidences sociales et fiscales - Daniel Causse, expert-comptable au CerFrance de Haute-Loire - p. 22

- Une bonne organisation et un employeur souple sur les horaires - p. 23

- De l'organisation pour gérer deux métiers - p. 24

- La passion de l'élevage avant tout - p. 25

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