Pâtre 06 juin 2017 à 08h00 | Par Laurence Sagot (Idele/Ciirpo) et le groupe ovins-céréales du Ciirpo : D. Sennepin (CA 23), B. Rollet (Ovin Berry Limousin), L. Solas (CA 71), C. Tiphanneau (Poitou Ovin) et O. Brodin (CA 18)

Des grandes cultures, oui, mais pas sans mes brebis !

Pour ces six éleveurs, les brebis et les grandes cultures sont indissociables. Couverts végétaux à pâturer, agriculture biologique, stabilité du revenu ou installation sans agrandissement, chacun trouve son intérêt à la polyculture-élevage.

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L’atelier ovin est une valeur ajoutée sur l’exploitation.
L’atelier ovin est une valeur ajoutée sur l’exploitation. - © Ciirpo

En France, une brebis sur cinq se situe en zone de grandes cultures ou de polyculture élevage (1). Et pourtant, le nombre de brebis dans ces zones a considérablement diminué depuis les années 1970. Les causes sont multiples. L’astreinte spécifique liée au travail conjuguée à une meilleure rentabilité des cultures est souvent citée. Mais ce sont surtout les orientations du marché commun puis de la PAC (primes SCOP) qui ont accentué cet abandon de l’élevage sans compter la  flambée du prix des céréales de 2007.

Mais désormais, la production ovine s’affi che comme une valeur ajoutée pour le revenu de ces exploitations. Les données du dispositif Inosys-Réseaux d’élevage montrent que les performances techniques et économiques des élevages ovins en zones de grandes cultures et de polycultures élevage sont comparables à celles des exploitations spécialisées des zones les plus intensives. Par ailleurs, elles sont meilleures que celles des élevages spécialisés des zones pédoclimatiques plus di cile. Enfin, en matière d’environnement, le bilan de l’azote et les consommations d’énergie pour la production d’agneaux sont équivalents.

Les aspects agronomiques sont le second atout de cette mixité ovins-céréales. Grâce à l’introduction des prairies dans la rotation, et en particulier de luzerne, les quantités de produits phytosanitaires peuvent être diminuées. Des économies de phosphore et de potasse sont réalisées grâce au fumier et le pâturage couvre une partie des besoins du sol. Les ovins contribuent ainsi au maintien ou à l’augmentation de la matière organique et ainsi au stockage du carbone. De fait, les céréaliers qui s’intéressent aux ovins sont déjà sensibles aux questions de techniques de travail du sol simplifiées, à la vie du sol et à un moindre recours aux intrants chimiques.

Mais devenir éleveur ovin ne s’improvise pas ! D’ailleurs, les six éleveurs qui témoignent dans ce dossier se dé nissent autant, voire plus, comme des éleveurs que des céréaliers. Car il faut acquérir les compétences mais aussi «avoir l’oeil» ! Il faut aussi accepter l’astreinte quotidienne liée à l’élevage. Et ce n’est pas la moindre des di cultés quand on y est pas habitué même si des solutions existent pour mécaniser voir automatiser l’alimentation et le paillage.

(1) Source BDNI 2013

La suite dans Pâtre n°645 de Juin-Juillet 2017

  • - L’élevage ovin, un plus pour le revenu - Simulation de marge brute
  • - 650 brebis pâturent les intercultures - Au Gaec de la Bergerie dans l’Aube
  • - De la luzerne pour la rotation et des brebis pour la consommer - Pascal Bellier dans le Loir-et-Cher
  • - S’installer sans agrandir la surface de l’exploitation - Frédéric Laurin dans la Vienne
  • - Créer un deuxième atelier sur la même surface - Damien Hérault dans la Vienne

En savoir plus

- Une étude de 18 pages intitulée Ovins et grandes cultures : nouvelles complémentarités pour une association traditionnelle à télécharger sur www.idele.fr

- Une vidéo de sept minutes Élever et vivre des brebis sur une exploitation céréalière à visionner sur www.inn-ovin.fr et www.idele.fr

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